Auteur d'une série de livrets conjuguant la vie d'un artiste avec son oeuvre, Edouard Ballot a su  exprimer l'esprit d'aventure de ma démarche. Disponible 5 euros.

Présentation à la galerie "LANGAGES". Paris Bastille 2015
LUC BERNAD (ou la germination du signe)

Comment parler d'une ligne, fût-elle tracée à l'aérographe ? Comment désigner ce qui vous précède, qui est dêià là, entre les lignes, entre les mots, entre les lettres-mêmes ? Comment nommer ce langage qui existe avant le langage ? C'est un peu comme tenter d'appréhender, de figurer l'adventice qui vous survient... pas facile.
Le moment de la saisie, de la formulation ou de la réalisation, est aussi celui de la disparition. C'est donc,cela dont est capable la peinture de Luc Bernad, cette prouesse incommensurable:
filmer l'esprit en mouvement, de I 'intérieur -à souhait- et assister, en soi, à ce spectacle grandiose d'une disparition palpable qui file (entre) ses doigts.
Spationaute du rêve, Luc vogue (divague) au beau milieu d'anciens méninges, racines de neurones en herbes folles, avortées, mort-nées ou abolies : informées. Elles n'existaient pas. Pas encore dans un ailleurs. Un ailleurs transcendental.
Ainsi les libère t-il une à une, à son corps défendant, sur son passage idiome. Comme des éclosions incertaines.
Tête chercheuse à vide, missile fractal dans le terroir des drames, à mesure qu'il arrive au bout du pistolet elles se (reconn)naissent. A mesure que le compresseur se vide, expulse, elles confondent-
Et germent. Sperme noir dans le magma informe du blanc fuligineux, chaque JE invasif, chaque fuseau nage au fond d'une âme qu'il réinvente (il se visite) et trace, incongru, son histoireépistolaire. Leur palimpseste intempestif. Destruction massive -comme au ralenti- d'un épais noyau de vide, où Luc s'ébroue à I' envers dans ce palais de météorites : c'est lui qui fragmente. Chaque implosion moelleuse (chaque "immolition", en modifie le trou - la cuve imaginaire - qui par remous intrinsèques (en cascades onctueuses) en déplace aussi les contours fondamentaux.
Derrière lui les traces du vide qui fuit... En gésine.
Etoile filant l'espace infini, Luc en radeau de l'âme sait s'abandonner, uniquement s'abandonner, à la convocation, que la convocation, du corps et de l'espace. Qu'il fait siens. Qu'il promulgue. Le temps d'une échappée. D'un hymne à la vacuité. A la vacation aussi. Au milieu des lianes de |'esprit dont il se débat harmonieusement...
...S'enfonçant à merveille dans la ramification, puis s'en dégageant, comme on écarte du front un paquet de planètes...
Le rideau du monde coule sur lui.
Art du mouyement identitaire. Du Fugace à la loupe. Art du fuseau.
Luc agit en faisceau. En arborescence infinie.

lmpossible donc, disais-ie en introduction, de décrire ce qui vous décrit. De sculpter par des phrases ce qui constitue la phrase. lmpossible de survivre ce qui vous définit, d'interpréter des enracinements. Devant ce prodigieux spectacle, cette poétique, on pourrait presque énumérer tous
les titres (magnifiques) d'Henri Michaux. "L'infini turbulent", "L'espace du dedans", "La vie dans les plis", "Lointains lntérieurs",,... Mais aussi "Connaissance par les gouffres". Ou encore 'Passages". Et l'artiste s'empresserait d' aiouter ce dernier : "Qui je fus", tant cette ligne qu'il a enfin trouvée, éprouvée (après des années de recherche et de voyages en tous genres) le caractérise aujourd'hui. Une sorte de ligne-témoin, de marqueur identitaire ou de code-barres sacré. Plus qu'un tatouage : un totem-langage.
Auiourd'hui Luc Bernad vit. ll danse même. tl a trouvé son corps. Son espace. Et on pourrait multiplier les textes et les invitations, les poèmes, les incantations, qu'on serait encore loin de son art. ll se vit son art. ll partage son coma. "On dégage !!!', entendent-ils en fond d'écho. On mue en lui comme un délire, une folie. C'est lui qui vous promène, vous ramène, qui décide qui vous êtes.
Lui qui ordonne, qui vous pend à son regard intérieur. Lui qui vous invite à vous-même.

Ligne. Pour que tu ne meurs jamais.
Ligne. Envolée stercoraire. Epilepsie lente. lncandescence fractale.
Ligne : Factice, telle une épopée tu t'abandonnes à toi-même sur les rives décousues de l' imaginaire (ce grand torrent refoulé)... Sachant bien tous les bateaux que tu noueras, à terme, toutes ces immenses voiles de cosmogonies que tu fendras de ta proue invisible, indélébile, et qui par nature se
découperont sur toi pour t'emboiter le pas... pour planter en toi cette longue traînée de poudre...
Toi l' ultime échappée dans I'univers fondu, confondu. Toi ruche mouvante, circuit en dépose, en chicane de soi. lnstance du moi qui attente à toi-même. Toi le parcours illustre, l' araignée mentale qui renait de toutes les cendres. Toi l' explosion molle, la grotte indigne qui déteint les âmes.
Petit à petit ils viendront, ces indomptables, prodigieux et adventices vaisseaux. Pour reprendre leur unique place ils viendront, s' aborderont (saborderont), déverseront puis couleront le doux creux de leur empreinte oubliée, sacrifiée... c'est ainsi qu'ils regagneront lentement, subrepticement, leur indicible trou, leur infime et improbable nid... Qu'ils s'indiviseront sur toi comme les greffons miraculés d'une Géographie que tu recomposes à souhait.
Personne n' a jamais été autant en dehors de soi. Dans l'antichambre du monde. Pour se trouver autant. personne.
D'André Masson à Pollock il n'y a qu'un pas, ou plutôt qu'un précipice : Luc Bernad.

Jérôme Boulenger  


2021 -  Les Décades - L'escale à Chamalières. 

2020 - Biennale Elan d'Art 12. Montpellier repoussée en mai 2021. Annulé 
          - Les Décades de la Peinture. Brioude.
2019 - Salon du dessin et de la peinture à l'eau. Grand Palais.
          - Salon Artfusion. Carcassonne.
          - Salon ART SUR LE FIL - Alençon
          - Solo show. Galerie PECHEUR DE LUNE. Cotignac.
          - Performance en concert à Aix en Provence au CCC.
          - Galerie ESDAC. Aix en Provence.
          - 40ème salon international de Haute-Loire. Le Puy en Velay.
          - Les Décades de la peinture. Brioude.
          - Exposition d'Art. Chapelle St Etienne. Beaune.
          - Salon REGAIN. Lyon.
          - Biennale des Arts plastiques de Besançon.
2018 - Biennale Elan d'Art 11. Montpellier
2017 - Bol d'Art - Dreux
          - Performance sur playlist au Réservoir. 71 - ST MARCEL
2016 - février.Exposition des lauréats du concours Aralya à la galerie Ories. Lyon
          - Bol d'Art -Salon de Mouscron. Belgique. Performances "dessiner la musique".
          - Exposition personnelle. Galerie Maureg'art. Basse-Normandie.
         
2015 - Galerie LANGAGES passage Damoye Place de la Bastille. Paris
          - sélection au concours "Ordre et désordres" Espace Christiane Peugeot. Paris-
2014 - Première présentation de La Ligne à Paris. GMAC Bastille-
         - Salon d'automne. Paris Champs Elysées-
2013 - Exposition personnelle et performance aérograff avec le groupe Mona Kazu. Givry-
2012 - Exposition personnelle "La Ligne Fractag" Carmel. Chalon s/Saône-
2011 - Arts en fête. La Clayette- Biennale des Arts hors les Normes. Lyon.
          - Foire internationale de l'Art - Casablanca.-

00's
- Salons Bastille, Porte d'Auteuil, Montreux. CH
- Expositions personnelles à Paris: Galerie JLS, XIIIe,squat rue Dauphine, VIè.
- Performances peinture "Le rythme de la ligne" : Vernissages à Paris, en concert à Grenoble, Mâcon, Tournus...
- Long séjour à Madagascar: exposition, animations.
- Rétrospective au Cellier des Moines - Tournus.

90's :
- Galerie Simone Boudet - Toulouse.
- Carnet de voyage - 6 mois, Népal, Inde.
- Cours et animations enfants, ados.
- Expositions personnelles et collectives à Cluny, Tournus.
- Galerie " Le boeuf sur le toit" - Lons le Saulnier. - 39
- Galerie St Charles - Le Creusot

80's :
- Réalisations et éditions de dessins en vue cavalière.Guérande, Carcassonne, Ibiza, Yvoire.
- Expositons personnelles à Yvoire, Thonon les Bains.
- Développement de la ligne par milliers de petits dessins quotidiens.

70's :
- Beaux-Arts - Metz - Hommage à Mme Drot-Gorse. Débuts du travail sur la ligne.
- Posters, BD' illustrations